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Le renouveau du ferroviaire industriel made in France : innovations, exportation et souveraineté économique

Le renouveau du ferroviaire industriel made in France : innovations, exportation et souveraineté économique

Le renouveau du ferroviaire industriel made in France : innovations, exportation et souveraineté économique

Le renouveau de l’industrie ferroviaire made in France : un enjeu stratégique

L’industrie ferroviaire française connaît depuis quelques années un véritable renouveau. Longtemps considérée comme un secteur mature, presque figé, elle se transforme rapidement sous l’effet conjugué de la transition écologique, de la réindustrialisation et de la nécessité de renforcer la souveraineté économique. Derrière les annonces de nouvelles usines, de commandes publiques et de contrats à l’export se cache une recomposition profonde de la filière.

Matériel roulant, signalisation numérique, maintenance prédictive, fret ferroviaire décarboné, fabrication additive de pièces… Les innovations se multiplient et repositionnent le ferroviaire industriel français comme un acteur majeur au niveau européen et mondial. Ce mouvement bénéficie autant aux grands groupes qu’aux PME et ETI, tout en créant des opportunités d’investissement et d’emplois qualifiés sur l’ensemble du territoire.

Une filière ferroviaire industrielle structurée et ancrée en France

La France dispose d’une filière ferroviaire complète, allant de la conception à la production, puis à la maintenance et aux services associés. Cet écosystème repose sur des acteurs complémentaires, présents dans de nombreux bassins industriels : Hauts-de-France, Grand Est, Auvergne-Rhône-Alpes, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, ou encore Pays de la Loire.

On distingue généralement plusieurs segments clés de l’industrie ferroviaire made in France :

  • Le matériel roulant (trains régionaux, TGV, métros, tramways, locomotives, wagons de fret) ;
  • Les systèmes de signalisation et de contrôle-commande (ERTMS, CBTC, signalisation latérale, systèmes embarqués) ;
  • Les infrastructures (voies, caténaires, ouvrages, systèmes d’alimentation électrique) ;
  • Les solutions de maintenance et de services (dépôts, centres de maintenance, digitalisation, jumeaux numériques) ;
  • Les composants et sous-systèmes (bogies, freins, portes, sièges, systèmes de climatisation, équipements de sécurité).

Cette chaîne de valeur s’appuie sur une forte capacité d’ingénierie et sur des savoir-faire industriels historiques : usinage de précision, métallurgie, électronique de puissance, cybersécurité, logiciels critiques. Une base solide pour affronter la concurrence internationale, à condition de continuer à innover.

Innovations ferroviaires : digitalisation, décarbonation et performance industrielle

Le renouveau du ferroviaire industriel made in France repose avant tout sur l’innovation. Sous la pression des objectifs climatiques, des attentes des voyageurs et des besoins des chargeurs, les industriels développent des produits et services nouvelle génération.

Digitalisation et signalisation ferroviaire de nouvelle génération

La modernisation de la signalisation est au cœur de la mutation de l’industrie. Les systèmes numériques permettent d’augmenter la capacité des lignes existantes, d’améliorer la sécurité et de réduire les coûts de maintenance.

  • ERTMS/ETCS (système européen de gestion du trafic) : déploiement progressif sur les grands corridors, avec une forte part de R&D et de production réalisée en France.
  • Signalisation urbaine CBTC : pour les métros automatiques et semi-automatiques, segment où la technologie française est particulièrement compétitive à l’export.
  • Supervision et big data : analyse en temps réel du trafic, anticipation des incidents, optimisation de la consommation énergétique des trains.

Ces innovations logicielles et électroniques complètent la modernisation des matériels roulants, en rendant l’ensemble du système ferroviaire plus flexible, plus réactif et plus compétitif face à la route et à l’aérien.

Décarbonation du matériel roulant et du fret ferroviaire

La transition énergétique est un autre moteur essentiel du renouveau ferroviaire. Le train étant déjà un mode de transport bas carbone, l’enjeu est désormais de décarboner les segments encore dépendants du diesel, notamment sur les lignes non électrifiées et pour une partie du fret.

Les industriels français développent plusieurs pistes technologiques complémentaires :

  • Trains à hydrogène : pour les dessertes régionales non électrifiées, avec une chaîne de valeur qui associe constructeurs, énergéticiens et territoires.
  • Trains hybrides et batteries : solutions combinant pantographe, batteries haute capacité et éventuellement moteurs thermiques de secours.
  • Modernisation des locomotives de fret : rétrofit, optimisation énergétique, conduite assistée, freinage régénératif.

Le fret ferroviaire industriel made in France profite également de nouvelles plateformes logistiques, de wagons modulaires et de solutions de transport combiné plus attractives pour l’industrie. L’objectif est clair : rendre le rail plus compétitif que le camion sur des distances moyennes et longues, y compris pour des flux industriels complexes.

Réindustrialisation, relocalisations et souveraineté économique

Le renouveau du ferroviaire s’inscrit dans un mouvement plus large de réindustrialisation et de recherche de souveraineté économique. La crise sanitaire, puis les tensions géopolitiques, ont révélé la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement mondialisées. Dans ce contexte, la fabrication en France de matériel ferroviaire et de composants stratégiques revient au centre du jeu.

Relocaliser et sécuriser les chaînes d’approvisionnement

Les pouvoirs publics et les donneurs d’ordre incitent désormais à renforcer les achats locaux et européens, en particulier pour les équipements critiques :

  • Électronique de puissance et composants de signalisation : réduction de la dépendance vis-à-vis de fournisseurs extra-européens.
  • Pièces de rechange ferroviaires : développement de capacités de fabrication additive (impression 3D métal et polymères) dans des ateliers en France.
  • Matériaux avancés : composites, alliages légers, solutions de revêtement et de traitement de surface à haute durée de vie.

Cette logique de souveraineté industrielle se traduit par des investissements dans de nouveaux sites, la modernisation d’usines existantes, et l’automatisation de certaines lignes de production. Derrière ces choix, il y a la volonté de maîtriser les délais, les coûts et la qualité, tout en réduisant l’empreinte carbone liée aux transports de pièces et de sous-ensembles.

Commande publique, planification et effet d’entraînement sur l’industrie

La politique ferroviaire nationale joue un rôle déterminant dans ce renouveau. La visibilité sur les commandes de trains régionaux, de TGV, de RER métropolitains, de métros et de tramways permet aux industriels de planifier leurs investissements et de structurer leurs filières de sous-traitance.

Des programmes pluriannuels ambitionnent de :

  • Renouveler les trains du quotidien (TER, Intercités, RER) avec du matériel plus fiable, plus accessible et plus économe en énergie.
  • Développer de nouvelles infrastructures ferroviaires (lignes à grande vitesse, RER métropolitains, nœuds ferroviaires saturés).
  • Soutenir le fret ferroviaire via des aides à la modernisation des wagons et des locomotives, et via le soutien au combiné rail-route.

Chaque contrat important génère un « effet d’entraînement » sur l’ensemble de la filière : bureaux d’études, PME de mécanique et de câblage, spécialistes de la cybersécurité des systèmes ferroviaires, entreprises de travaux publics, intégrateurs digitaux. L’impact sur l’emploi industriel et sur les compétences est significatif.

Exportation et rayonnement international du ferroviaire industriel français

Le renouveau du ferroviaire made in France ne se joue pas seulement sur le marché domestique. Les entreprises françaises sont fortement positionnées à l’export, sur des marchés en pleine expansion : Afrique, Moyen-Orient, Asie du Sud-Est, Amérique latine, mais également en Europe centrale.

Plusieurs atouts structurent cette compétitivité à l’international :

  • Une expertise historique en trains à grande vitesse et en systèmes de signalisation complexe.
  • Une capacité à proposer des solutions complètes (matériel roulant, signalisation, maintenance, financement, formation).
  • Une offre alignée sur les enjeux de mobilité durable et de décarbonation des transports.

Les contrats internationaux permettent de maintenir un haut niveau de charge dans les usines françaises, de financer la R&D et de diffuser le savoir-faire national. Ils offrent aussi des opportunités aux fournisseurs français de pièces et de solutions logicielles, qui intègrent ces grands projets globe-trotters.

PME, innovation de niche et nouvelles opportunités de marché

Au-delà des grands groupes, ce renouveau du ferroviaire industriel made in France ouvre un champ d’action important pour les PME et les start-up. Certaines se positionnent sur des niches à forte valeur ajoutée :

  • Capteurs intelligents et IoT ferroviaire : surveillance de l’état des rails, des caténaires, des roues, des bogies.
  • Logiciels de planification et d’optimisation : gestion des sillons, affectation du matériel, roulements des équipes.
  • Solutions de cybersécurité ferroviaire : protection des systèmes critiques, détection des intrusions, sécurisation des communications.
  • Équipements intérieurs et confort voyageurs : matériaux anti-vandalisme, design modulaire, solutions d’accessibilité PMR.

Le mouvement de modernisation des flottes et des infrastructures ouvre également des perspectives pour les entreprises de maintenance, de retrofit et de rénovation. Transformer du matériel existant plutôt que de le remplacer totalement permet de concilier performance économique et réduction de l’empreinte carbone.

Perspectives : vers un écosystème ferroviaire français plus intégré et plus résilient

La dynamique actuelle du ferroviaire industriel français repose sur un triple pilier : innovation technologique, stratégie d’exportation et renforcement de la souveraineté économique. La capacité de la filière à travailler en réseau – grands donneurs d’ordres, ETI, PME, centres de recherche, écoles d’ingénieurs – sera décisive pour maintenir cet avantage comparatif.

Pour les professionnels comme pour les investisseurs et les acheteurs, le secteur ferroviaire offre aujourd’hui un terrain particulièrement riche. Qu’il s’agisse de matériel roulant, de solutions de signalisation, de services de maintenance prédictive ou d’équipements pour le fret ferroviaire, la France dispose d’une offre compétitive et en constante évolution, prête à répondre aux grands défis de la mobilité durable et de la réindustrialisation.